Extraits articles de presse :
Poème de Jacques VAYLEUX
Renaissance
Quelques rares campanules mêlées de primevères
Ont profité du lac et des premières douceurs
Pour tendre, encore timide, leur corolle printanière
Vers le soleil caché par quelques nuages frondeurs.
La palette des fleurs magnifiée par les eaux
Vertes et bleu clair du causse souterrain
Tentent de dessiner sur le lac de Chasteaux
Un petit arc-en-ciel d’un pinceau aérien.
Sur la rive opposée aux berges estompées,
Le subtil contre-jour laisse deviner au loin
Le feuillage naissant de plusieurs peupliers
Et de quelques arbustes, du printemps les témoins.
Mars est parti en guerre, l’hiver semble ployer
Sous la lumière plus forte qui fait germer les plantes,
Sous la longueur des jours et leur tiédeur ouatée.
C’est une matinée d’allégresse renaissante.
Jacques VAYLEUX
Poème de Jacques VAYLEUX
Un éternel présent
Les brumes de la nuit dissipées par la brise
Dévoilent un matin blanc au long de la Tourmente
Et au pied de Turenne que les nuages frisent,
Tel un pâle fantôme attardé qui la hante.
La clôture semble là pour vous décourager
De traverser les prés enneigés et glissants,
Détrempés et déserts pour franchir la vallée
Et vous dire : « Après tout, vous avez bien le temps ».
Le silence et la neige paraissent avoir figé
Toute vie animale. Pas un vol d’oiseau ;
Le bétail à l’étable, les renards au terrier
Attendent l’heure clémente. Il est encore trop tôt.
On s’attend presqu’à voir surgir à l’horizon
La troupe du vicomte rentrant de guerroyer.
Le temps est immobile tant l’instant semble long.
N’est-ce pas là en fait la seule éternité ?
Jacques VAYLEUX
Hervé Treuil : la lumière est en couleurs
L'impressionnisme c'est la peinture à la campagne!
Qui mieux qu'un paysan, tel Hervé Treuil, connaît et comprend la campagne? L'agriculteur par son travail dessine nos paysages, repousse la friche. I1 entretient la ligne d'horizon qui peut être fermée -hélas- par une grande muraille de résineux, comme sur le plateau de Millevaches en haute Corrèze, où la déprise agricole et la diagonale du vide ont laissé place aux plantations trop denses, à la monoculture du bois.
Mais si l'agriculteur est, même malgré lui, l'architecte d'un terroir, il n'est pas toujours sensible à la beauté des paysages qu'il entretient ; quand bien même sa charrue en trace les contours et alors que ses vaches les animent de touches de couleur.
Oubliant le paysan qu'il doit rester (l'homme d'un pays) il arrive aussi -hélas- que tel agriculteur défigure un point de vue en entassant, par exemple, ses balles d'ensilage au prétexte que la production a besoin. Aussi de zones industrielles. D'où des abords de ferme qui insultent la poésie champêtre.
A contrario, le peintre-paysan Hervé Treuil est un poète de la nature doublé d'un agriculteur respectueux de l'environnement.
Chez lui, l'homme à la bèche tient la terre au bout de sa palette. C'est un excellent coloriste dont l'art n'est pas sans rappeler l'élégance de la peinture de Sisley.
Il maîtrise le trait. D'où - et c'est un compliment - un académisme des formes qui prouve qu'il sait. .. dessiner. Un académisme dont il sait se libérer (suffisamment ?) et qui lui permet de se distinguer des peintres du dimanche, bref des amateurs.
L'œuvre d'Hervé Treuil confirme ce que disait André Malraux: « le tableau n'est pas la photo de son modèle ».
S'il n'était pas un peintre de la sensibilité des couleurs, proche de l'école des précurseurs de l'impressionnisme, ses toiles ne voyageraient pas de Boston à San Francisco où Shanghaï (oui, jusqu'en Chine !) en passant, bien sûr, par sa Corrèze natale.
A bien regarder ses tableaux, on pense à Corot dont on disait: « les paysages expriment une émouvante simplicité signe d'une éternelle jeunesse ».
Il y a même du Turner dans ses brumes qu'il réussit aussi bien que ses neiges.
Des références qui peuvent heurter la modestie de celui qui revendique le titre de paysan mais qui, conscient de l'image du « bouseux » inventée par la petite bourgeoisie citadine, dit presque timidement: « les agriculteurs ont aussi le droit d'aimer la peinture, de pratiquer l'art ».
Et j'ajoute de devenir, comme lui, d'authentiques artistes!
En résumé, les œuvres d'Hervé Treuil ont toutes les qualités d'une peinture heureuse, sereine, bien maîtrisée. Elles illustrent ce que disait Renoir « Un tableau doit être aimable, joyeux et joli ».
Cette peinture est-elle encore trop retenue, à l'image de sa personnalité? Doit-il passer de l'agriculture raisonnée (bravo pour ce choix, soit dit en passant) à. .. une peinture davantage libérée du raisonnable? C'est-à-dire évoluer vers une peinture moins sage pour mieux servir son don incontestable et.... sa jeunesse retenue?
Le débat est ouvert.
Mais, le secret est peut-être dans sa double activité d'aqriculteur et de peintre champêtre, parfois difficile à concilier.
Pour autant, l'artiste ne doit pas s'éloigner de ce style figuratif grâce auquel il met des couleurs sur la lumière et rester ce cœur paysan qui est, au fond, un grand architecte de l'univers.
Jean-François Nouet
"Je te montrerai comme un grand paysage, lequel, peu à peu sortira de la brume dans son ensemble et non de proche en proche, car la création est toujours image fournie d'emblée et non déduction de proche en proche" (Saint-Exupéry " Citadelle").
Objat la belle corrézienne s'étale là, à nos pieds. Là-bas, fermant l'horizon, voici Yssandon, rond comme le sein d'une jolie femme. Et puis, il y a le ciel, avec ses cathédrales de nuages frangées ce soleil couchant qui dérivent dans un ciel crépusculaire. Nous sommes chez Hervé Treuil dont la demeure citadine s'érige sur la colline. Voilà déjà sinon un paradoxe, du moins une curiosité, car Hervé est agriculteur. La propriété qu'il exploite se trouve proche de Juillac, à " Chapdevialle ". Sur 35 hectares, il élève des bovins, entretient ses vergers... Hervé est né à Juillac, au sein d'une famille d'agriculteurs. Après des études au lycée Bossuet de Brive, il décide de s'orienter vers un professorat d'art plastique ...
Dès le plus jeune âge il a aimé dessiner : sa rencontre avec M. Guas, professeur à Bossuet, sera déterminante. D'emblée, ce dernier à décelé le réel talent de cet adolescent, à qui il inculque les premiers rudiments techniques et esthétiques de la peinture à l'huile. Hervé a pieusement conservé sa première huile où se manifeste déjà un vif sens artistique. La seconde rencontre sera aussi fructueuse : M. Szas, un excellent artiste-peintre, président-fondateur de l'Association des peintres et sculpteurs du bas Limousin lui permet de participer à sa première exposition !
Dans le même temps, si Hervé ne cesse de se perfectionner, de s'informer, de collectionner les ouvrages relatifs aux arts picturaux, il a décidé pour conserver sa liberté de création de continuer l'agriculture. C'est sans doute au contact de la terre, de la nature, qu'il acquiert la sérénité, la liberté, mais aussi la véracité qui transparaît à travers chacune de ses créations. Au fil des ans, des expositions, des rencontres avec d'autres d'artistes, il va affirmer sa technique et s'en libérer, pour créer sereinement, au gré de son imagination et de l'influence des maîtres qu'il admire... Figuratif, il avoue une prédilection pour les impressionnistes.
L'aquarelle et le dessin sont pour lui la façon de faire des gammes, la finalité étant l'huile, avec une recherche permanente de la transparence. Sa palette est pure, généreuse. Elle sait se faire douce, touche de camaïeux subtils pour suggérer des lointains. faire danser des brumes... Son regard de poète aime s'attarder sur des reflets dans l'eau, une tache de lumière. Paysagiste accompli, longtemps il a enfermé ses compositions avec des barrières, des haies, des portails où filtrait le soleil. Voilà qu'il s'évade, nous donne à rêver devant des eaux dormantes, des près qui partent se noyer à l'horizon... Parfois les vieilles pierres d'une façade lui inspirent des tableautins beaux comme de précieuses enluminures. Les personnages y sont rares, mais toujours très typés. Les lumières sont douces, souvent rasantes, apportant la vie, le relief, toujours un brin de mélancolie... Durant une période Hervé a utilisé l'acrylique, créant des toiles qui accusent le trait, sur des scènes hivernales où l'incantation des arbres tranche sur une neige et des eaux soyeuses ...
Claude LACAN
C'EST SANS DOUTE parce que ses mains travaillent la nature comme la peinture que ses toiles ont quelque chose de plus. Sous le pinceau d'Hervé Treuil agriculteur avec les pieds dans la boue, c'est aussi un artiste avec la tête dans les étoiles , les bâtisses pierreuses, les prairies ensoleillées et les autres personnages noueux que l'on trouve dans le vieux Limousin prennent un relief tout particulier. Oui, Hervé Treuil sait peindre cette Corrèze qu'il aime, qui l'a vu naître et où il vit. Doté d'une maîtrise technique étonnante et d'une sensibilité à toute épreuve, il fait rayonner " sa " terre et les hommes qui la peuplent comme nul autre pareil .... Magicien des couleurs, grand maître de la profondeur de champ et adepte de la beauté intérieure, Hervé Treuil est sans aucun doute de la trempe des grands impressionnistes de jadis ...
Jean-Marc PLANTADE le Parisien
ENVIRONNENT ET BEAUTÉ
C'est désormais une certitude à mes yeux, Hervé TREUIL, qui aime se définir comme un « peintre-paysan », vit en réalité sous l'emprise d'une double passion : l'environnement et la beauté.
Et, mieux que quiconque, je peux en témoigner, ces deux muses s’entrelacent depuis une bonne quarantaine d'années dans son œuvre, qu'elle soit terrestre (au sens agricole du terme) comme picturale (dans ses dessins et peintures).
Agricole ? Ce Juillacois bien né a, plus que d'autres, toujours eu un troupeau impeccable, des prés et bois au carré, des vergers à l'entretien parfait, un matériel bien huilé.
Comme pour répondre par prédestination à la nécessité d'un alignement céleste.
Artistique ? Parcourez bien ce catalogue, vous constaterez après examen qu'environnement et beauté sont présents partout. Dans chaque page, dans chacun des filigranes.
Au cœur des chênes, des rivières, de la neige, des paysages, des jardins, des fleurs et autres vieilles pierres limousines...
Là, sans doute, réside le véritable secret artistique d'Hervé TREUIL.
Pour mieux sacrifier aux passions qui l'animent, il a choisi de les mettre à sa main. A son imagination. De les « augmenter » comme on dit désormais sous la dictée des nouvelles technologies. Tout en n'omettant pas de leur adjoindre une dimension intérieure afin de mieux exprimer son univers émotionnel et créatif.
Ce faisant, le peintre Corrézien parvient ainsi à rester fidèle à l ‘environnement qu'il chérit et à la beauté qu'il sert.
Chers amis, regardez et appréciez !
Jean-Marc PLANTADE
CP 48 512
... Ses paysages sans personnages vivent et vibrent en fonction de la lumière et de l'éclairage selon la technique impressionniste qu'il maîtrise parfaitement ...
Anne-Marie ENGEL (présidente des peintres du Bas Limousin)
Hervé TREUIL est un jeune artiste amoureux des campagnes de France. Il célèbre à travers sa peinture les villages et les pierres qui ont gardé une âme, mais aussi le charme doux et rustique des maisons et des jardins de nos aïeux.
Comme BONNARD, MONET, il couvre sa toile d'une embrasure fleurie, d'un coin de jardin ou d'un sous-bois tranquille. Le bonheur de l'œil se trouve aussi dans un champ de colza presque luminescent sous son ciel d'orage. Un tempérament subtilement romantique s'exprime dans ses vallées et rivières où la brume s'élève à peine.
On apprécie l'œuvre exploitée dans le respect de l'art et la manière des aînés tout en offrant une inspiration et une touche très personnelle.
Vous vivrez cette exposition comme un moment de sérénité que vous soyez amateur ou néophyte.
Hervé TREUIL dit souvent qu'il est un "peintre-paysan" ; nous dirons que sa peinture est celle d'une campagne comme nous l'aimons tous, sauvegardée dans ses couleurs, ses traditions et ses senteurs.
Hervé TREUIL dit souvent qu'il est un "peintre-paysan" ; nous dirons que sa peinture est celle d'une campagne comme nous l'aimons tous, sauvegardée dans ses couleurs, ses traditions et ses senteurs.
Sa palette vibre dans une gamme chromatique étendue et finement nuancée, ceci participant très certainement au succès grandissant de cet artiste corrézien sensible et chaleureux.
Evelyne LAPEYRIE (Historien d'art).